Modes de vie

“C’est chimique, c’est dangereux”, du sel de table aux additifs, retour aux fondamentaux

“Tout ce qui est chimique n’est pas bon pour la santé, je préfère les choses NATURELLES”. Cette phrase vous parle ?

Pensez-vous que l’additif E330 n’est pas naturel ? Que l’acide citrique est toxique ?

La chimie EST dans la nature (et tout ce qui est naturel n’est pas sans danger : certains champignons, certaines plantes, le radon, les UV, etc.)

Un exemple facile : l’eau, H2O

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Chimie, ces noms barbares

Le chlorure de sodium (NaCl) n’est autre que du sel.

Le bicarbonate de sodium, également appelé bicarbonate de soude (NaHCO3) a le vent en poupe, utilisé pour l’entretien de la maison et/ou en cuisine.

L’acide acétique (CH3COOH) est du vinaigre et l’acide citrique (C6H8O7) est du jus de citron, identifié sous l’additif E330.

L’acide ascorbique n’est autre que de la vitamine C, identifié sous E300.

Quelques exemples d’additifs alimentaires d’origine naturelle*

  • E120 : carmins = acide carminique = rouge de cochenille (autrement dit le colorant est produit à partir de l’insecte).
  • E153 : charbon végétal
  • E160a : caroténoïdes (pigment végétal que l’on retrouve dans les carottes par exemple, ainsi que dans les poivrons, les épinards, les patates douces, les tomates…). La β-carotène est l’une des 4 formes de caroténoïdes et elle correspond à la vitamine A.
  • E160c : extrait de paprika
  • E160d : lycopène, composé naturellement présent dans les tomates
  • E162 : rouge de betterave
  • E260 : acide acétique = vinaigre
  • E270 : acide lactique
  • E290 : dioxyde de carbone (gaz expiré par l’être humain)
  • E300 : acide ascorbique = vitamine C
  • E392 : extrait de romarin
  • E440 : pectines (naturellement présents dans les fruits)

*ces additifs peuvent être d’origine naturelle ou reproduits grâce à la chimie de synthèse.

Les additifs controversés

Par contre certains additifs sont controversés à juste titre. C’est le cas des colorants alimentaires : E102 ; E104 ; E110 ; E122 ; E124 et E129, pour lesquels l’étiquetage des denrées alimentaires doit obligatoirement porter la mention complémentaire “peut avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention chez les enfants” (annexe V, règlement CE n°1333/2008). Il s’agit de :

  • E102 : tartrazine
  • E104 : jaune de quinoléïne
  • E110 : jaune orangé S
  • E122 : carmoisine
  • E124 : ponceau 4R
  • E129 : rouge allura

On les retrouve, entre autres, dans de nombreuses sucreries.

D’autres également suscitent des inquiétudes, comme les édulcorants et plus récemment les sels de nitrate et de nitrite.

Les édulcorants

  • E420 : sorbitols
  • E421 : mannitol
  • E950 : acésulfame-K
  • E951 : aspartame
  • E968 = erythritol

L’un des effets les mieux documentés des édulcorants est qu’il perturbe le circuit de récompense. Autrement dit, lorsque vous buvez ou mangez un produit “light”, votre cerveau active le circuit de récompense en pensant qu’il s’agit de sucre. Cependant au niveau intestinal, aucun sucre n’est absorbé, n’étant pas récompensé votre cerveau tend à vous pousser à consommer davantage sucré pour obtenir du vrai sucre. Ainsi les études montrent que les gros consommateurs d’édulcorants n’ont pas un IMC plus faibles que les autres. Les produits “light” ne font pas mincir. Ils induisent même un comportement inverse, qui se traduit par “je m’autorise à en manger plus”.

L’Anses – Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail a publié, en février 2018, un dossier et un communiqué de presse concernant l’évaluation des bénéfices et des risques nutritionnels liés à la consommation d’édulcorants intenses.

L’Anses rappelle qu’en l’état actuel des connaissances, les édulcorants ne présentent pas d’intérêt nutritionnel et que “l’objectif de réduction des apports en sucres doit être atteint par la réduction globale du goût sucré de l’alimentation, et ce dès le plus jeune âge”.

Sels de nitrite et de nitrate

Dans leur état initial : le nitrite de potassium (E249), le nitrite de sodium (E250), le nitrate de sodium (E251) et le nitrate de potassium (E252) ne posent pas de problème aux quantités autorisées. Par contre, en contact avec la salive, l’acidité des aliments, la présence de chaleur et de protéines, ils peuvent se transformer en nitrosamines. Or les nitrosamines sont une famille de composés chimiques, dont certains sont classés cancérigènes avérés.

C’est un risque difficile à anticiper, puisqu’il n’y a pas de nitrosamine dans le produit initial. C’est uniquement une fois ingéré et pendant le processus de digestion, que les sels de nitrates et/ou nitrites peuvent se transformer en nitrosamines.

En termes de prévention, l’Anses recommande de ne pas dépasser 25g par jour de produits appartenant à la catégorie des charcuteries (jambon blanc, jambon cru, saucisson, pâté, etc.), parce qu’en plus du “risque nitrosamines”, ce sont des produits très salés et contenant de nombreux acides gras saturés (le mauvais gras).

Conclusion

Je ne vous conseillerai pas de compter le nombre de “E” présents dans la liste d’ingrédients, car vous pourrez avoir un produit avec 3 additifs sans problème sanitaire, face à un autre produit avec 2 additifs controversés.

La meilleure façon d’avoir une alimentation “sans additif” est d’éviter :

  • les bonbons, qui contiennent les fameux additifs pouvant avoir des effets indésirables sur l’activité et l’attention des enfants.
  • les produits transformés, rien ne vaut le fait maison (encore faut-il avoir le temps, les moyens, etc.)
  • les produits lights (allégés)

Mais il n’est pas interdit de se faire plaisir, de temps en temps !

Bibliographie

Règlement (CE) n°1333/2008 du Parlement européen et du Conseil, du 16 décembre 2008 sur les additifs alimentaires

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